[INTERVIEW] : Anne-Laure, diplômée 2009, chargée de programmation et de médiation culturelle

01 août 2018

Quel métier vouliez-vous faire quand vous étiez petite ? Avez-vous fait un « tout-droit » depuis l’enfance vers un rêve de toujours ou est-ce que la vie vous a fait diverger, d’expériences en opportunités en apprentissages et en révisions de vos objectifs ?

 

 

Violoniste depuis mes 5 ans dans un orchestre parisien, j'étais passionnée par l'atmosphère des concerts. Ne voulant pas être violoniste professionnelle, j'avais comme rêve d'organiser des concerts et festivals. J'ai donc cherché les études correspondant à ce débouché. En 2004 on appelait cela la "médiation culturelle". Un terme très large en plein essor dans nombre d'universités. Lille étant capitale européenne de la culture en 2004, j'ai voulu me donner toutes les chances d'avoir le bagage nécessaire pour accéder à cet objectif. Par la qualité de son cursus et de son insertion professionnelle, la Faculté de Lettres et Sciences Humaines de l’Université Catholique de Lille m’avait fortement intéressée. J’ai donc quitté ma région parisienne natale pour une épopée dans le « grand Nord ».

 

 

Votre itinéraire étudiant à la Catho (quand, filière(s), stages, expériences internationales…)

 

En 2004 je me suis inscrite en Licence « Médias, Culture et Communication » puis en 2007 en double Master recherche et pro « Art du spectacle, cinéma, musiques actuelles (communication événementielle) » qui doit maintenant s'appeler Master « Management de la Culture et conduite de projets. ».

Ce qui m'avait particulièrement attiré à l'Université Catholique de Lille ? L'opportunité de faire des stages chaque année. J'ai donc passé toutes mes vacances à parfaire mes compétences théoriques par des stages pratiques. J'ai découvert le métier d'administrateur d'un festival de musique classique, la gestion de personnels pour une assurance scolaire, le poste de chargée de communication à la Direction Générale de l'Avion Civile, celui de commissaire d'exposition pour un groupe immobilier et enfin le métier de la programmation en tant qu’organisatrice du premier salon des métiers industriels et culturels du Nord-Pas de Calais dans une entreprise de séminaires et d'événementiels.

 

En parallèle de mes études j'ai eu l'opportunité de monter des expositions et projets culturels dans la salle du rez-de-chaussée de l'université. A l'initiative de notre professeur de droit, Jacques Olivier Henon, nous avons eu l'autorisation d'investir cette salle laissée à l'abandon pour y mener des projets culturels et de faire venir un public extérieur à la faculté. J'espère que cette salle est encore accessible car elle représentait un véritable tremplin pour les personnes de ma filière et de la filière valorisation du patrimoine.

 

 

Quel type d’étudiante étiez-vous ? Comment vos professeurs et camarades se rappellent-ils de vous ?

 

Pour savoir quelle étudiante j'étais il faudrait demander à Erika Thomas ou Guillaume Leroy, s'ils se rappellent encore de moi ! Plus sérieusement j'étais une étudiante plutôt assidue et avide de connaissances. En plus de nos cours théoriques je me documentais à la BU en lisant tous les livres mentionnés dans les listes fournies par nos professeurs et parfois dans d'autres bibliothèques. Je savais que l'université c'était 20% de cours et 80% de travail personnel. Chacun ses méthodes de travail, mais pour ma part je retenais plus facilement les connaissances que j'avais acquises par moi-même. Pour mes camarades j'étais la référente "cours" dans le sens où les absents et peu attentifs me demandaient souvent mes notes. Cela ne me dérangeait pas car je savais que le cours n'était qu'un tremplin, une orientation donnée par le professeur pour se forger notre propre culture générale.

 

En Master les méthodes d'enseignement étaient un peu différentes car nous avions principalement des cas pratiques : ils étaient vraiment une manière de découvrir notre positionnement au sein d'une équipe, notre réaction face à une deadline à respecter. Ces exercices ont vraiment consolidé mon objectif de travailler dans l'organisation d'événements cultuels et je remercie les intervenants professionnels pour ça ! Nous permettre d’exprimer le meilleur de nous-même et de nous inciter à nous surpasser.

 

 

Les expériences professionnelles, depuis votre diplomation, qui vous ont conduite où vous êtes ?

 

Je suis sortie diplômée en 2009, l'année de la crise économique. Cette période a été très difficile car après 5 ans d'études il n'y avait plus les débouchés attendus. Le secteur culturel dans le Nord-Pas de Calais étant trop précaire, je suis retournée sur la région parisienne et j'ai rapidement trouvé un poste d'administratrice déléguée dans une structure de musique classique. Seule salariée de l'association, je suis très vite devenue polyvalente dans l'organisation de concerts, opéras et exposition auprès d'un public défavorisé et n'ayant pas accès à la musique classique. Puis, 3 ans après, j'ai souhaité recentrer mon profil vers la programmation et surtout intégrer une structure plus étoffée. En 2012 j'ai obtenu le poste de chargée de programmation et de médiation culturelle au sein d'une Fondation dans le secteur "culture et santé". Je coordonne, programme et accompagne des artistes professionnels vers des publics isolés et dégradés dans les hôpitaux et établissement médico-sociaux de la région parisienne.

 

Comment vous vous projetez dans un futur proche et lointain ?

 

Nouvellement parents, mon mari et moi avons le souhait d'offrir un environnement plus serein et idéal que le stress parisien. Mon époux vient de trouver un travail sur Nice et nous sommes en train de déménager sur la côte d'Azur. Les débouchés culturels dans le sud de la France étant rares, je recentre donc mes recherches vers la formation et la pédagogie. Je souhaite approfondir mes compétences dans l’accompagnement des jeunes dans l’accomplissement de leurs objectifs futurs.

 

 

Que vous ont appris vous études chez nous ?

 

Plus que de simples connaissances du monde de la Culture, mes études m’ont appris une manière de travailler et de m’organiser : rigueur, esprit de synthèse et d'initiative, polyvalence. Ce sont des atouts qui sont indispensables de nos jours dans des structures qui demandent de plus en plus de réactivité. Je remercie donc l’Université Catholique de Lille de m'avoir permis d'acquérir et de développer ces compétences.


Autres communications